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Bon on en voulait et on en a eu a foison. De quoi? Ben de l'Aventure (oui Mossieur avec un grand A!) en fleurtant il faut bien le confesser avec un brin d'aventurisme (petit le a j'vous dis...). Mais bon nous voila rassasier et pres a entamer la douce descente vers Singapoure le long des eaux turquoises de la mer d'Adaman et de la mer de Chine.
On quittait pourtant le Laos vraiment tout tranquillement, l'air de rien, en profitant des derniers moments a cotoyer le Mekong, qu'on avait connu tout pitit dans son lit au Tibet et qui est maintenant devenu un grand bonhome (et oui, je me mets a l'unisson de mes cheres commentatrices!). La visite des 4000 iles (enfin pour notre part d'une seule ou on s'est applique a ne surtout rien faire du tout....) nous a toutefois decide a sortir des sentiers battus car le Laos, apres ses petits camarades de l'Asie du Sud Est a connu egalement une explosion des backpackers-on-a-shoestring, genre patchoulis-pataugas-le Guide du Routard dans la poche. On sature un peu et du coup, on part rouler a l'ombre! Enfin c'est vite dit car le soleil est mordant et nous scotche litteralement a la chaussee, tout comme d'ailleurs les douaniers verreux cambodgiens qui sequestrent nos passeports parce qu'on refuse de payer la "special administration fee". Finalement, on trouve un compromis (...) et s'en suit une traversee de plusieurs dizaines de km dans un quasi no-man's land jusque Strung Treng, ville bordant le Mekong.
Sur la carte, on a repere une petite route partant plein ouest en direction des temples d'Angkor, certainement de mauvaise qualite et avec aucun veritable spot touristique facilement accessible sur la route... c'est parfait! En glanant au prealabre quelques infos aupres du patron de notre guesthouse, on se rend tout de suite compte de la difficulte de notre nouvelle mission! Tout y passe: zones infestees par la malaria (il parait que c'est le "pic" (hum) de la saison des moustiques), les serpents pres a nous sauter a la gorge, les mechants brigands, les sables mouvants et bien evidemment les mines, ce qui, je vous l'avoue, nous refroidit considerablement! Pour enfoncer le clou, il lance d'un coup de tete en direction de Charlotte un "Anyway, she will never make it!" (traduction: "D'toute facon, c'est couru d'avance, la ptite, elle y arrivera zamais, et pis z'est tout!"). Mais ce pauvre fou se rend-il seulement compte qu'il vient tout juste de nous donner son blanc-seing pour le depart? Nous traversons donc a l'aube le Mekong en compagnie des poules, des cochons et des motos, avec, semble-t-il, la volonte du pilote d'etreiner le principe d'Archimede... Sur les premiers kms, nous nous gaussons des mise-en-gardes du keke d'en face, la piste etant certes de mauvaise qualite mais largement pratiquable pour des cyclos aussi chevrones que nous (hum-bis). Bon, on dechantera toutefois relativement rapidement en passant les 48heures suivantes sur des chemins sableux et surchauffes, dignes des plus sombres heures du Gobi! Mais bon, c'est comme tout, on oublie vite les galeres et on conserve les bons souvenirs et dans le cas present, durant notre traversee du Cambodge d'est en ouest, on a en particulier apprecie la culture khmer, et surtout le contact aupres d'une population en general respectueuse et assez interessante, d'autant plus qu'un nombre significatif (ce qui reste relatif...) de khmers parle anglais. Ce qui a d'ailleurs ete bien utile car, seulement 30km avant d'arriver a Siem Reap et de rejoindre la civilisation, a l'article de la mort, Charlotte me traine dans un hopital d'un bled poussierreux car je rassemble tous les symptomes de la malaria, avec notamment une fievre assez alarmante. Je m'en tire au final avec quelques jours a delirer sous une moustiquaire... mais en compagnie d'une jolie nurse aux petits soins!
Apres une visite marathon des temples d'Angkor, hyper impressionnants au demeurant, c'est finalement en bus que nous nous rendons a Bangkok, ville bouillonante et assez bluffante. En effet, la route entre Siem Reap et la frontiere thai est dans un etat desastreux avec beaucoup de traffic et cote thailandais, elle est de meilleure qualite mais vraiment peu interessante. Mais ca ne sera evidemment pas sans encombre car on ne veut pas de nos velos dans les bus cambodgiens et on doit alors embarquer sur les 150 deniers kms cambodgiens a bord d'un pick-up, qui n'a rien a envier au pires taxi brousses africains. Au total, 8heures pour arriver cote thailandais! On se rend notamment compte en arrivant au point de largage cote cambodgien que la roue arriere de Charlotte est completement voilee (pliee serait d'ailleurs plus exact!), sans doute un des 100 sacs de riz embarques sur le pick-up qui lui serait tombe dessus pendant le trajet? Peu importe, on ne peut plus avancer car le velo de Charlotte devient aussi facile a deplacer qu'un sapin de noel sur lequel on aurait accrocher tous les cadeaux! Mais c'est sans compter sur notre sacree bonne etoile qui ne nous lache pas d'une semelle et deux bonhomes viennent s'enquerir de notre malheur et nous proposent de les accompagner chez le Dede-la-bricole du coin. Et que je te tape comme un sourd sur la roue avec une masse, et bim, et bam, et zim et zam... mais le resultat c'est une roue parfaitement roulante! Ouf...
Depart de Bangkok dans 2-3 jours plein sud pour enfin aller barbotter avec les petits poissons aux yeux tout ronds, que Charlotte aime bien, ils sont bien gentils, et que moi j'aime bien avec du citron!
Et a tous un joyeux Noel, owh, owh owh!
Ah oui et les superbes photos? Comme d'habitude, dans Album Photos/Sud Laos et Nord Cambodge
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