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3...2...1...lift off!
Apres un detour par Pekin, nous voila a present a Lhassa, capital du Tibet. De nombreux kms ont ete parcourus ces 10 derniers jours mais peu sur nos velos, ceci dit toujours en leur compagnie (bien encombrante comme vous le constaterez dans cet article...). Nous avons emprunte le transmongolien entre UB et Pekin puis la nouvelle ligne ferroviaire qui va de Pekin a Lhassa et qui traverse le plateau tibetain nord-sud entre 4000 et 5200 m d'altitude. Paysages spectaculaires et meme si parfois un poil inconfortables, on apprecie beaucoup. Cependant, avant et apres chaque trajet, nos nerfs ont ete mis a rude epreuve!
En effet, tout commence par l'enregistrement a UB de nos velos pour le trajet jusqu'a Pekin, ce qu'on nous avait chaudement recommande si on ne voulait rester plantes avec sur le quai... L'adminsitration mongole nous ayant laisse un souvenir imperissable, nous decidons de partir a la gare la veille du depart accompagnes d'un local, ce qui devrait mettre un peu d'huile dans les rouages... La demande d'enregistrement s'est finalement transformee en un jeu de piste administratif du type "Les 12 Travaux d'Asterix" version mongole! Et que je t'envoie dans le bureau B32 dans le batiment F pour recuperer le tampon que je n'obtiendrais qu'en ayant au prealable valide le formulaire HV234 qui lui-meme se trouve au sous-sol du batiment G, etc... Au sprint final, plein d'espoir, j'arrive a la derniere fonctionnaire tres tres occupee a ameliorer son score au solitaire et qui me lance un Bajo! tonitruant qui me laisse pantois. Il faut dire aussi qu'elle doit mettre un coup de tampon sur le dernier papelard et ouvrir la porte de la consigne! Oui mais seulement, c'est la pause de midi, et il me faut attendre 2 heures ou plus qu'elle aille engloutir sa soupe de mouton bouilli. Apres 3 heures passees dans les meandres de l'administration, ah non! Mais bon, en insistant un peu elle me dit que si on est assez gentil pour l'accompagner juste apres a l'autre bout de UB pour changer ses chaussures qui lui font si mal (la pauvre...), alors elle serait eventuellement prete a nous accorder certaines largesses... Bon, oki doki, deal (bitch)!
Bien echaudes par cette mesaventure, nous nous jurons de ne pas refaire la meme erreur pour le train nous acheminant de Pekin jusque Lhassa, l'administriation chinoise augurant d'une efficacite n'ayant rien a envier a sa comparse mongole. Et l'experience vecue pour recuper nos velos a la gare centrale de Pekin nous confortera dans cette decision. Heureusement que j'avais potasse la lecon "Se deplacer en train en Chine" de la methode Assimil en chinois, pas vraiment evidente a assimiler d'ailleurs... mais qui nous sauvera la mise a plusieurs reprises! Mais pas d'enregistrement a la gare signifie passer incognito nos velos a bord du train qui, a mon avis, n'est pas vraiment adapte pour ce genre de bagages encombrants. Autre raison pour ne pas enregistrer les velos, c'est ne pas avoir a les recuperer a Lhassa car nous nous deplacons illegalement au Tibet.
Alors la, attention ca se complique donc suivez bien! Un premier permis est obligatoire pour acheter les billets de train et d'aller jusque Lhassa et s'y promener librement pour un cout allant de 50 a 100 euors (et oui ca fluctue selon certains criteres certainement tres objectifs... ). Puis, si on souhaite aller sur la route de l'est qui relie Lhassa au Yunnan, ce qui est notre cas, il est obligatoire de faire partie d'un groupe et d'etre accompagne d'un guide chinois homologue par les autorites (...) et de s'etre au prealable munis d'un tas d'autre permis ce qui signifie a chaque fois verser sa dime aux autorites chinoises. Alors, comme les agences pekinoises refusaient quand nous etions en France de nous prendre billets+permis moyennant commission sauf a nous refourguer leurs services a Lhassa dont on n'a absolument pas besoin, que cela prend au moins 7j ouvres pour obtenir sur place le premier permis (et en attendant ne pas pouvoir acheter nos billets de train couchettes qui en general ne sont pas dispos moins de 10j a l'avance), que ce foutu permis coute cher, que je decouvre en allant sur le blog Tibet du Routard que certains voyageurs ont pu obtenir des tickets de train sans presenter le permis et qu'on ne le leur a pas demande sur le chemin, et enfin parce qu'on refuse de participer a ce racket organise, on tente notre chance sans! A la gare centrale, je passerai finalement par 5 guichets avant de tomber sur une jeune employee qui ne devait pas etre trop au courant des formalites administratives et qui me laissera acheter les tickets sans me reclamer de permis. Enfin, pour les autres permis necessaires pour traverser le Tibet vers le Yunnan, on fait l'impasse car on a tout simplement pas le choix! Mais rassurez-vous, le risque est limite et surtout d'ordre pecunier (amende a negocier (qui a dit bakchich?) et eventuellemt devoir faire demi tour... pour plus d'infos cf. les liens sur notre site (lasieavelo.50webs.com) d'histoires d'autres cyclos qui ont egalement brave l'interdit et qui s'en sont plutot bien tires). Cependant, quelques precautions devront etre prises et notamment passer les principaux check posts de nuit. Oulala, je pense deja au reveil a 4h ou il faudra s'extirper du sac de couchage tout chaud...
Pour revenir au trajet Pekin-Lhassa, on cherchera de quoi emballer nos velos a Pekin pour qu'ils soient transportables de la maniere la plus discrete possible (...) et puis on croise les doigts! Au final quelques sueurs froides notamment au moment du checking des bagages a l'entree de la gare de Pekin, la montee dans le train dans un chahut incroyable (pas plus mal en fait...), l'arrivee a la gare de Lhassa ou je refourgue le velo de Charlotte a Lyu, un chinois avec qui on a sympathise, ce qui nous permet de sortir plus discretement au milieu de tous les gugus en uniformes... Mais surtout, tant mieux on ne se fait pas controler et on deguerpit rapidos dans un taxi direction Lhassa downtown.
A ce sujet, on apprend hier soir de Don, un americain avec qui on a egalement sympathise dans le train, que des controles sont effectues de maniere aleatoire mais regulierement a la sortie de la gare. D'ou egalement l'interet d'arriver le dimanche... he he!
A part ces peripeties dignes de la traversee de Paris, on en profite pour faire un peu de tourisme a Pekin et Lhassa. C'est tres sympa et je suis plutot agreablement surpris. A Pekin, ville tentaculaire ou les buildings poussent comme des champignons, j'ai en effet la surprise de decouvrir que les vieux quartiers (Hutong) n'ont pas encore ete reduits a une simple curiosite touristique et du coup on se regale en y flanant aaaa bicycleeeette! Beaucoup de bons restos aussi histoire de prendre des forces en prevision des cols tibetains. Concernant Lhassa, ville meurtrie par l'occupation chinoise, agreable surprise egalement de constater que la presence militaire chinoise reste discrete et que le vieux Lhassa n'a pas encore ete betonne. (a propos je vous recommande le dessous des cartes sur Lhassa que vous pouvez trouver normalement sur www.dailymotion.com et egalement un tres bon reportage de France 3 sur l'histoire recente du Tibet (mot clef: Tibet). Malheureusement, je n'ai pas pu verifier qu'ils y etaient toujours car le site est censure par le firewall chinois (mais non, pas du tout paranoiacs... ).
Plein d'energie, nous repartons dans 2 jours en velo (tres tot!) sur la route principale vers l'est qui part de Lhassa en direction des provinces du Sichuan et du Yunnan. En perspective, une des plus belles routes a velo de notre jolie planete d'apres les rares cyclo-touristes qui s'y sont aventures. Cependant, la prochaine connection ne sera peut etre pas avant l'arrivee a Deqin, premiere ville du Yunnan que nous devrions atteindre d'ici au moins 3 bonnes semaines. En effet, nous ne souhaitons pas tenter le diable et s'attarder dans les quelques villes chinoises qui ponctuent le trajet. D'ici la, croisez les doigts pour nous!
Et sinon, de nouvelles photos dans "Album Photos/ Chine et Tibet"
On se garde sous le coude deux options pour la route Lassah-Yunnan, avec chacune ses avantages et ses inconvenients (cf. carte ci-dessous. si elle ne vous apparait pas assez lisible online vous pouvez l'enregistrer sur votre disque dur puis zoomer, la resolution de l'image etant suffisante pour observer le parcours dans le detail):
- la route principale (Yunnan "Highway") en rouge (env. 1600 km jusquau Yunnan), c'est la route la plus au sud avec des fleches rouges indiquant le sens de progression. c'est celle en general utilisee par les cyclos intrepides.
- ou prendre (pour plus de la moitie du parcours) des voies secondaires ou on est a peu pres surs de pas etre ennuyes par les autorites chinoises mais en revanche elles sont bien moins habitees (donc eventuellement des difficultes pour le ravitaillement) et on peut compter sur des cols en sus (jusqu'a 6000m d'altitude sur pistes). Elle est reprentee sur la carte par un trace vert fleche.
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